j'ai rêvé New York, New York USA...

10 juin 2011

Chapter 1

J'ouvre les yeux une seconde fois, ou une troisième, et décide de me lever. Il est 7h du matin, je suis dans la chambre d'hôtel du Lotus sur la 5e avenue au niveau de la 31e W st. Premier matin à Manhattan après une journée de transit via Madrid. Quand j'ai posé ma tête sur l'oreiller hier soir, cela faisait 24 heures que je ne m'étais pas allongée.
Nous avons découvert les buildings de nuit, en débouchant du métro. Le brouillard embrassait leurs sommets, les dissimulant à nos yeux écarquillés. le silence relatif sur la 5e à 11h du soir nous a surprises, comme si la ville entière retenait son souffle pour nous cueillir. Nous venions de pénétrer dans le décor de cinéma que nous connaissions le mieux. Soudain, nous étions chez Woody Allen, dans Gotham city. La fatigue accumulée s'est recroquevillée et nous avons descendu la 5e le nez en l'air, trainant nos valises le long des trottoirs, de block en block. Nous venions d'atterrir sur une île, en pleine jungle urbaine dont nous allions cotoyer la faune et la flore pendant une semaine.

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Chapter 2

La machine à découper les bagels en deux est la première curiosité du jour. Pas la dernière. Ce matin, vu le ciel maussade et puisque nous sommes dimanche, j'accepte de renoncer à arpenter un flea market pour aller assister à une  messe à Harlem. Première étape, rallier la bouche de métro la plus proche pour acheter notre metrocard. Grand moment de bonheur avant de comprendre comment fonctionne le distributeur... Puis nous cherchons la ligne de bus qui nous conduira à l'autre bout de la ville. A l'arrêt de bus, deuxième surprise, les arbres qui jalonnent les trottoirs sont des ginkos. Mais les feuilles sont trop hautes  et je n'aurai de cesse de trouver une branche à ma hauteur. Je la dénicherai dans l'après-midi aux abords de l'université de Columbia.

Dans le bus, l'ambiance change à mesure que nous nous éloignions des buildings de midtown. Les passagers aussi. Plus nous approchons de Harlem, et plus montent des familles endimanchées, des mamies chapeautées. Nous décidons d'en suivre une mais l'église qu'elle rejoint semble trop peu fréquentée. Flo choisit une église méthodiste sur le mur de laquelle nous avons pu lire la banderole suivante " open hearts, open minds, open doors".

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A l'intérieur,  nous sommes chaleureusement accueillies, tout comme les rangées de touristes blancs qui occupent les bancs au fond de l'église. Pendant son prêche, et avant la quête, le révérend nous interpelle, nous demande de nous lever et encourage ses ouailles à nous saluer. Echange de poignées de mains, embrassades et larmes pour Flo et Marie Line, très émues.
Mais nous sommes tombées sur un jour particulier et après deux heures et demi de chants, de prières et d'intervenants qui se succèdent au prêtoir, la messe n'est toujours pas dite... Et même s'il est déconseillé de quitter les lieux avant la fin, Karine et moi n'y tenant plus, désertons la chapelle en catimini. Les filles nous rejoignent bientôt.
Il fait toujours gris et froid... Les gens sortent des églises, il est l'heure de déjeuner. Nous remontons les rues jusqu'à Lennox street pour entrer chez Jacob's. Ce restaurant propose un large choix de plats traditionnels cajuns à déguster sur place ou à emporter. L'ambiance est chaleureuse. Sur les murs, au milieu des personnalités noires, le portrait d'Obama et le discours qu'il prononça à Washington lors de son investiture. Une femme noire plus très jeune, généreuse, chante des standards accompagnée par un jeune pianiste. Nous l'écoutons en dégustant notre premier déjeuner américain que je termine par une part de banoffee pie. Nous ne nous attardons pas, la clientèle se succède à un rythme soutenu.

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Le vent oblige Flo à entrer chez H&M pour acheter une veste et une écharpe. En l'attendant, nous observons le spectacle de la rue. Les trottoirs sont envahis par des vendeurs de karité, d'encens. Des effluves de chouraï chatouillent nos narines. L'Afrique se respire. Nous déambulons, photographiant l'Apollo, les coiffures afro, les façades parées de vert de gris et de fer forgés. Mais le grisaille ne met pas en valeur l'architecture, les nuances de couleurs, la patine.

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Nous rejoignons l'Hudson, et l'université de Columbia, la plus ancienne de la ville. Par la fenêtre d'une salle donnant sur les jardins de la faculté, nous observons des couples d'étudiants portant brassard, répétant back stage les pas d'un concours de danse de salon.
Nous longeons la divine cathédrale, qui n'a de divin que le nom, énorme et inachevée. Nous pénétrons dans sa nef monumentale pour en ressortir assez vite, elle n'offre pas un grand intérêt. Elle est trop grande, trop vide, émaillée ça et là d'oeuvres d'art étranges, de retables sombres où sont abordés des thèmes obscures...

Plus sensibles aux nourritures terrestres, nous rejoignons juste en face the hungarian pastry, un salon de thé qui propose une large variété de patisseries hongroises et d'ailleurs. Le lieu est rempli d'étudiants qui bavardent ou travaillent dans un cadre au charme désuet, comme figé 30 ou 50 ans en arrière et dont la patine me rappelle celle du loir dans la théière à Paris. Nous passons un moment délicieux, après avoir chassé (à notre corps défendant) un jeune homme esseulé à une table de 6 !

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Un bus nous rapproche de la 72eW et Central Park Au niveau de Strawberry Fields. J'ai pour mission d'immortaliser le Dakota building et la mosaïque "imagine" où se recueillent les admirateurs de John Lennon. Peu de monde ce jour là mais quand même un guitariste qui reprend un standard des Beatles.

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Nous voilà donc dans Central Park, et je suis happée par l'étrangeté du lieu. Depuis que je suis à New York et à fortiori à cet endroit, j'ai l'impression d'être passée de l'autre côté du miroir, exactement comme l'héroïne de la Rose pourpre du Caire qui traverse l'écran et rejoint les comédiens d'un univers en carton pâte. Depuis la great lawn, et les buildings qui l'entourent, et dont on peut apercevoir la cime au dessus des arbres, l'effet conte de fée s'accentue. Comment imaginer, dans la vraie vie, une si jolie équation entre la nature, le verre, l'acier et le béton ? Le ciel bas qui étouffe les bruits, les usagers et les touristes pas si nombreux en ce dimanche maussade donnent à l'ensemble un sentiment d'irréalité, de décor gigantesque.

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Le contraste est saisissant quand on rejoint Colombus Circus, l'agitation urbaine et le concert des voitures. Nous apercevons alors au milieu des grosses berlines américaines, une DS beige rutilante aux plaques d'immatriculations superposées, celle de NY sur celle de Paris. Quel effet ! Elle disparait dans le flot des véhicules, comme une apparition, un clin d'oeil aux grand écart permanent entre Europe et Amérique.

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Nous remontons dans le jour finissant les rues et les blocks jusqu'à Time Square. Nous voulons voir l'immeuble du New York Times conçu par Renzo Piano. Il fait nuit et il est tout illuminé quand nous l'approchons enfin. Puis nous nous enfonçons dans le temple survolté du consumérisme... Je ne suis pas du tout charmée par la débauche d'écrans géants et de pixels démesurés et je suis toujours aussi désolée de voir que le monde s'agglutine là, comme des moustiques attirés par la lumière électrique. Nous nous engouffrons dans un délicatessen où je déguste la soupe du jour, un épais bouillon aux haricots rouges, ravigorant et seul plat abordable en ce lieu. En sortant, nous suivons Karine jusque chez M*&*M, grand moment de solitude (enfin intérieure parce qu'il y a foule....) Il est temps de prendre le métro et de retrouver le calme et l'obscurité de la chambre d'hôtel....

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20 juin 2011

Chapter 3

Je suis à nouveau réveillée de bonne heure. Le ciel est toujours gris mais la température plus clémente. Dans la rue, l'animation d'un jour ouvré change la donne. Nous découvrons enfin les new yorkais pressés, gobelet de café dans une main, portable collé à l'oreille de l'autre. Aujourd'hui, nous explorons midtown. Un bus nous dépose au Sud de Central Park. Nous longeons les résidences de luxe, croisons une faune griffée de la tête aux pieds, toutous assortis. Les halls des immeubles sont fraîchement lessivés, les concierges en livrée au garde à vous. Avant d'entrer dans le saint des saints, j'ai nommé l'Ap*ple Sto*re de la 5e, nous admirons les Zodiac heads de l'artiste chinois WeiWei toujours emprisonné quelquepart en Chine. Les 12 têtes des animaux de l'horoscope chinois sont alignées, décrivant une courbe dans la fontaine du Plaza. Je photographie consciencieusement cette oeuvre imposante. C'est ma façon d'affirmer mon soutien à l'artiste en particulier et à l'art en général quand il est censuré.

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On ne monte pas dans une boutique ap*ple, on y descend par un escalier en colimaçon. Mobilier minimaliste, Ip*ad en démo pris d'assaut. On reconnait un vendeur Ap*ple à son tee shirt indigo et l'on peut se diriger vers celui qui nous ressemble le plus. C'est bien pratique, il y en a pour tous les goûts, du tatoué à la jeune fille rangée en passant par la ménagère de moins de 50 ans, le noir américain et l'indien. "Si tu trouves pas ton bonheur chez ap*ple, ben tu trouves pas ton bonheur..."
Chacune vaque à son occupation, je tourne un peu en rond.... Je veux aller chez F*A*O, juste à côté !! Comment ça, chez F*A*O ? T'as pas honte ?? Tu sais pas que Bar*bie participe à la déforestation en Indonésie en achetant sa pâte à papier au géant tueur de grands singes !!!
De toute façon, je ne trouverai pas la poupée à l'effigie de La*dy Ga*ga que m'a demandé Nine....  Et je regrette amèrement d'avoir filé un coup de main à Ba*rbie, j'ai acheté une ou deux bricoles pour compenser... Promis-juré-craché, c'est la dernière fois..... 
Les seules choses intéressantes dans ce temple du jouet sont les reproductions en le*go grandeur nature des héros de Wa*lt Dis*ney.

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Dans les rues, nous admirons l'enchevêtrement des constructions anciennes et contemporaines, repérons les buildings signés par des archis célèbres. Nous traversons des halls au luxe ostentatoire, visitons Saint-Patrick. Mais la pluie s'annonce à la sortie de l'église.

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Nous nous réfugions au MoMa, il est 11h30, nous n'en sortirons qu'à la fermeture. Entre-temps, nous aurons admiré des grands peintres (je me retrouve face, pour la première fois, à deux oeuvres de Frida Khalo), nous aurons découvert des artistes contemporains comme Francis Alÿs, un performer d'origine belge qui vit au Mexique et dénonce les exactions politiques, les failles du système avec un certain humour. Nous aurons admiré une série de collages que Picasso réalisa entre 1912 et 1914 etc....

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Le musée est d'une richesse incroyable et chaque niveau révèle ses trésors. Pendant que nous faisions la queue pour y pénétrer, la personne chargée de réguler les entrées nous conseilla de prendre la formule donation + guests qui nous a permis au final de payer moins cher l'entrée par personne et de profiter de réductions non négligeables au restaurant, au café et dans les différentes shops. Je me retrouve avec une carte de membre valable un an alors qu'il est fort peu probable que je remette les pieds au MoMa d'ici là....

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Nous partons ensuite à la découverte de Grand Central Station. En chemin, nous croisons des bureaucrates cravatés sortant des buildings après avoir traversé des halls grands comme des terrains de basket... Partout le drapeau américain flotte au vent. Et encore aujourd'hui, la cime du Chrysler disparait dans le brouillard.

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Dans le hall immense de cette vieille gare nous pouvons admirer les constellations du zodiaque peints au plafond (décidément, après les zodiac heads de Wei Wei, nous revoici en plein horoscope !). Rien ne vient bousculer l'ordonnance et la majesté de ce lieu rénové à grands frais à l'aube de l'an 2000. Au sous-sol, nous tombons sous le charme de l'Oyster Bar dans lequel fut tournée une scène d'un épisode de Mad Men. C'est une lieu assez bruyant à cause des voutes carrelées qui soutiennent l'édifice, mais possédant le même charme désuet que l'on peut trouver par exemple chez Chartier à Paris. La carte est longue comme le bras, réimprimée chaque jour dans une typo années 30. Bière et calamars frits, mais je ne suis pas tentée par les huîtres qui font la réputation du lieu. Les huîtres pour moi, c'est les pieds dans l'eau à LO et pas 6 pieds sous terre, écrasée par le poids tout entier de l'immeuble et des trains qui le traversent !! Nous quittons l'endroit à regret mais dîner ici ne nous tente guère, vive le grand air de manhattan !!
Nous remonterons à la surface sur lexington avenue pour dîner au "2nd Ave Deli" sur la 33e rue Est. J'ai bien l'intention de découvrir le goût du pastrami. Bonne pioche, la réputation du lieu ne semble plus à faire. Nous sommes une fois de plus surprises par les quantités servies, avons du mal à finir nos assiettes accompagnées systématiquement de verres hauts comme des carafes, remplis à ras bord d'eau et de glace.
Nous sommes impressionnées par la facilité qu'on les gens à finir leurs plats, mais peut-être n'ont-ils pas eu le temps de déjeuner comme la plupart des new yorkais qui bossent à Manhattan.
Pour nous, en tout cas, la marche à pied digestive s'impose jusqu'à l'hotel !

 

 

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23 juin 2011

Chapter 4

Le soleil revient et la température a nettement augmenté. Nous ferons donc  aujourd’hui le tour de Manhattan en bateau. Comme nous n’avons pas l’intention  de visiter Ellis Island ni Lady Liberty, c’est un excellent compromis  qui nous donnera  en plus une vue d’ensemble de l’île.
Nous remontons  la 5e avenue jusqu’à la 42e rue pour visiter d’abord  la New York Public Library située devant Bryant Park. Sur le parvis, sont installées des tables et des chaises en métal. Je remarque à nouveau que les new yorkais savent profiter et mettre en valeur chaque endroit qui peut être exploité pour le farniente. Et qu’importe si la circulation est dense à quelques mètres seulement, de toute façon on est à New York et le bruit fait partie du quotidien de ses habitants.

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A l’entrée de la bibliothèque qui ouvre juste ses portes, des lions en lego gris reproduisent Courage et Patience, les deux lions en pierre qui accueillent les visiteurs  à l’extérieur.

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Les salles de lecture du 3e étage sont splendides. Par une des grandes baies vitrées nous apercevons l’Empire State Building. De grands travaux de rénovation (inachevés à cause de l’attentat du 11 septembre 2001) ont entre autre permis aux ordinateurs de faire leur apparition. La bibliothèque fête cette année son siècle d’ouverture comme le stipulent des petits signets à l’effigie d’un lion gracieusement offerts aux lecteurs.

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Bryant Park nous tend les bras mais ce ne sera pas pour aujourd’hui.  Nous attrapons en face un bus (le n°42 sur la 42e rue, facile !) pour rejoindre l’embarcadère sur l’Hudson River. Nous croisons Time Square  en plein jour cette fois, et le spectacle est encore plus pathétique que la nuit où les éclairages donnent le change. Un peu comme si l’on pénétrait dans une boite de nuit à 11h du matin…

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Tickets de croisière en poche, nous avons une petite heure à tuer. Je bois un grand cappuccino bien sucré qui devrait me permettre de sauter allègrement le déjeuner que nous passerons sur l’eau. Les bords du quai sont aménagés (bancs, jeux d’eau) et permettent de se poser pour  arbitrer le ballet des bateaux taxis sur l’eau et celui des hélicoptères dans le ciel.
La croisière est très agréable. Les Buildings d’abord et l’Empire, mon chouchou, qui sert d’étalon et de repère (l’hôtel est à deux pas). Le chantier du Ground Zero qui est bien avancé (minute d’émotion  marquée par  le guide). Lady liberty, majestueuse. J’ai réellement été émue  en l’apercevant enfin, noyant mon regard dans les plis verts de sa robe.

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Puis voilà l’enfilade des ponts, East Village et le Bronx, les friches industrielles nombreuses et leurs vieilles usines, les parkings de bus scolaires, de camions. Enfin l’endroit où East River et l’Hudson se rejoignent. Ici plus  de buildings ni d’habitations. Juste un fleuve très large et des arbres à perte de vue. Impensable de s’imaginer  si près d’une mégapole grouillante de vie et de béton !

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Nous débarquons enfin, laissant derrière nous de gros nuages menaçants qui ne semblent pas près d’atteindre Manhattan et qui nous ont préservé in-extremis d’une belle saucée sur le pont !

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De nouveau sur le plancher des vaches, nous nous dirigeons vers Chelsea. Il est 4 heures, Karine et moi, l’estomac dans les talons, entrons chez Billy’s Bakery (au 184 sur la 9e avenue) déguster de délicieux cupcakes.

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Laissant les filles à la terrasse d’un café, nous  partons visiter les galeries d’art qui ont élu domicile dans les entrepôts désaffectés. Sur la 21e, nous entrons dans la galerie du célèbre Yvon Lambert qui fermera définitivement ses portes en juin prochain. Sur la 22e, une expo de Jasper Johns nous montre à voir un autre aspect de son travail que nous avons pu admirer la veille au MoMa. Entre temps, nous avons découvert une galerie étrange installée dans un entrepôt en ruine dans lequel on accède par une ouverture arrondie. L’endroit est peu éclairé, le sol jonché de plumes blanches. Les œuvres sont des sortes de pochoirs encadrés de superpositions de bouts de bois recouverts de peinture blanche dans laquelle sont collées quelques plumes . C’est un collectif de jeunes artistes assurément à tendance gothique…

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Retrouvant les filles, nous partons déambuler dans un Greenwich enchanteur. Le village est une succession de quartiers plus charmants les uns que les autres. Végétation, maisons, boutiques, restaurants, tout attire le regard qui se pose sur de la douceur, du charme, des expressions de l’art de vivre en ville.

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Notre balade nous emmène vers le Sheridan Square, haut lieu emblématique de la lutte LGBT. Nous nous reposons sur les bancs, à côté des statues en bronze blanc de George Segal, représentant deux couples homosexuels (un couple d’hommes, un couple de femmes).

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En face de nous, un couple hétéro, bien vivant celui-ci, nous fait terriblement penser  à n’importe quelle scène d’un film de Woody Allen. Leur physique, leur look, leur façon de parler et le lieu, tout est raccord avec l’art qu’il possède de filmer ses comédiens.

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Nous rallions ensuite la High Line en longeant l’Hudson au soleil couchant. Nous croisons de nombreux joggers, cyclistes, marcheurs. N’oublions pas que le culte du corps est tout puissant ! Nous sommes subjuguées par le charme de la High Line. Le choix de la végétation on ne peut mieux pensé, le mobilier urbain qui se fond à merveille dans ce jardin suspendu tout de sérénité et d’harmonie. Nous sommes rassasiées de toutes ces beautés urbaines !

Impossible de trouver une place en terrasse des restaurants, nous nous décidons pour un hamburger chez Bill’s burger et la clim m’assassine !  Nous rentrerons à pied en prenant le chemin des écoliers. Par hasard nous nous retrouvons devant le Chelsea  Hotel qui ne sera bientôt plus qu’un souvenir, ses nouveaux propriétaires n’ayant pas l’intention d’entretenir le culte de ce haut lieu de débauche et de création beatnik…  Nous admirons le Flat Iron illuminé avant de regagner l’hôtel.

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24 juin 2011

Chapter 5

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La journée commence par une vue sur  NY depuis le sommet du Rockfeller  Center. Top of the Rock ! Sous un soleil déjà bien présent, nous embrassons  la skyline. Pourquoi le Rockfeller ?? Et bien pour pouvoir admirer l’Empire of course !  Et puis parce que je  croyais bêtement y trouver la trace de la fresque peinte par Diego Rivera dans le hall au début des années trente. Elle a été détruite en 1933 par le mécène lui-même à cause du portrait de Lénine qui y figurait…
 Le hall est totalement cloisonné pour la visite des toits de la ville,  il est difficile d’imaginer ses proportions initiales et quand on redescend, on tombe directement sur la sortie, via l’incontournable shop. Dommage…

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Mais quand on est en haut, c’est magique cette legoland entourée d’eau, oxygénée par le poumon vert de Central Park.

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Au loin, Lady Liberty veille à l’ordonnance du ballet incessant des bateaux chargés de touristes. Je cherche les jardins suspendus, les jolies terrasses, les réservoirs d’eau (mes chouchous que je photographie sans répit). Le Chrysler joue à cache-cache avec le met-life (ancien building de la Pan Am). Assises à l’ombre sur un rebord en zinc du toit, nous ne nous lassons pas de ce paysage urbain unique.  Dans voyage au bout de la nuit, Céline dit de New York  que c’est une ville debout. C’est exactement ça, une ville dressée, immense et combattante qui se pose là.

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Sous le soleil de midi, nous partons en direction du Flat Iron, aperçu de nuit la veille. Il est impressionnant  comme un paquebot échoué dans la ville après une tempête. Le hall d’entrée est tout petit, un peu vieillot. J’y cherche une galerie pour y voir une expo de photos mais j’ai mal pris mes notes et la galerie n’est plus hébergée à cet endroit.

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Qu’importe, nous continuons notre route  jusqu’à Union Square puisqu’on et mercredi et que c’est jour de marché. Il regorge de légumes, de fleurs (des géraniums citronnés énormes), de tout ce que la terre peut donner. Nous y achetons du miel de la country side (celui de la city est un tantinet trop cher…)

ny2_007statue étincelante d'Andy Wharol

La place, le square, le carrefour grouillent de monde. Nous entrons au Whole food market et choisissons notre déjeuner parmi les variétés infinies de salades et de plats préparés vendus au poids. Les pelouses étant momentanément fermées, nous nous installons par terre au milieu d’une faune étrange. De jeunes gens qui semblent touchés par le syndrome de mathusalem -des jeunes vieux usés par la drogue-, des SDF, des blacks plus africains que noir-américains,  tout ce petit monde se croise là, à l’écart du rêve américain.

En route pour East Village, je tombe pile poil sur la boutique de vêtement (brooklyn industries) qui vend des tee shirts à l’effigie d’un des emblèmes de la ville, j’ai nommé le réservoir d’eau. Je l’avais aperçu sur un jeune homme le matin même en haut du rockfeller sans réagir assez vite pour lui demander où il l’avait acheté. Ce sera mon cadeau pour Lucien.

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De blocks en blocks, nous découvrons East Village qui,  bien que moins chic que Greenwich Village, reste à nos yeux bourré de charme. C’est un borough en pleine effervescence, plein de petites boutiques vintage ou pas, originales toujours. Chez downtown yarns, sur A avenue, je pénètre dans l’univers feutré des tricoteuses. Laines sublimes, modèles exposés à tomber, babes à croquer. Mais je n’achète rien, n’arrivant pas à me décider et pas trop poussée à l’achat par les vendeuses/tricoteuses qui nous ignorent superbement… Peut-être que je n’ai pas le profil de la cliente habituelle et que l’on m’a prise pour une touriste traquant les autochtones et la couleur locale….

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Sur Bond street nous prenons un verre au Smile, une ancienne fabrique de montres reconvertie en bar, lieu unique comme l'on n’en trouve qu’à New York. C’est le repère des wool and the gang le samedi. Il y a d’ailleurs le portrait d’un Obama souriant dans un cadre en maille XL.

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 Nous continuons à flâner, descendant sur Lower East Side. Sur Houston street, nous tombons sur le premier jardin communautaire, le liz christy garden, datant de 1973. Il s’étend sur toute la largeur d’un block entre Houston street east et Bowery. Il est plein de recoins où s’installer à l’abri des regards et de la rue, fleuri d’alliums, de roses, de pivoines, d’iris dans un joyeux bazar de jardin à l’anglaise, parsemé de sentiers  pavés. Difficile d’imaginer un tel paradis accolé à une rue passante doublée d’une bouche de métro. C’est un havre de paix entretenu avec amour par les habitants du quartier que nous quittons à regret pour continuer notre découverte de cette ville sérieusement attachante.

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Nous voilà dans une Little Italy qui n’a  plus d’italien que le nom puisqu’elle se résume à 2 rues, avalée lentement mais surement par Chinatown qui étend ses tentacules toujours plus haut. Au début, ça n’a l’air de rien, juste quelques enseignes, et puis soudain, au détour d’une rue, nous sommes transportées en Asie.

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Plus rien n’est écrit en anglais, les marchands de journaux  ne vendent que de la presse écrite en mandarin, les canards laqués pendent aux vitrines des épiceries, les fruits sont soudain très exotiques. La foule sur les trottoirs est beaucoup plus dense et les occidentaux sont en minorité. Et puis, tout aussi brutalement, ça sent le fromage et la pasta, les pizzerias remplacent les gargotes chinoises, les réverbères et les bouches à incendie sont tricolores (vert, blanc, rouge). L’enclave italienne tient bon mais se résume à une peau de chagrin.

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Ses restaurants ne sont d’ailleurs pas réputés pour être les meilleurs italiens de NY. Nous choisirons donc un resto chinois (facile, il suffit de tourner un coin de rue pour avaler les fuseaux horaires !), le Nice Green Bo restaurant, signalé dans le routard et fortement recommandable.  C’est une cantine toute simple où les clients sont accueillis par une tasse de thé au jasmin. Les plats sont super copieux, gouteux et pas chers.

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Nous reprenons ensuite notre route vers soho et ses belles boutiques qui baissent leur rideau de fer et rejoignons Washington square derrière lequel le Washington mew nous attend.  Ce passage pavé, d’anciennes écuries reconverties en appartements et bureaux de l’université toute proche, nous transporte à Londres à l’époque d’Oliver Twist. Y vécut, entre autres artistes, John Dos Passos(et là j’ai soudain repensé à son roman, Manhattan Transfer, vieux volume de poche dans la bibliothèque familiale que j’ai regardé cent fois sans jamais avoir le courage de le lire. Il va falloir aujourd’hui que je remette la main dessus et que j’en fasse, une de mes lectures de l’été car dans mon souvenir, c’est un pavé…). Cette dernière découverte clôture une journée au moins aussi riche que celle de la veille.

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28 juin 2011

Chapter 6

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Première étape de ce jour, le téléphérique qui enjambe East River jusqu’à  Roosevelt Island. Pour le prix d’un ticket de métro, voilà une jolie vue sur l’Upper East Side.Lors de notre promenade en bateau nous étions passées sous le Roosevelt Island Bridge, nous le longeons cette fois-ci. 

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Nous nous promenons  au bord de l’eau, à l’ombre des arbres et profitons de la vue sur Manhattan. Baptisée Minnahanock par les indiens, cette petite île fut occupée par des asiles, des hôpitaux et même un pénitencier. Restent deux hôpitaux et des logements résidentiels qui abritent 10 000 habitants.
 Cette parenthèse bucolique, ce pas de côté refermés, nous rejoignons l’arrêt de bus qui nous rapprochera du Guggenheim. Mais avant, pose Star*bucks pour Karine qui veut absolument être immortalisée dans la rue avec son gobelet en papier…

Nous sommes jeudi et le Guggenheim est fermé ! Pas grave, je rentre dans la boutique (qui elle est ouverte of course !) et j’admire la coursive en colimaçon.

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Direction le MET et là encore, petite déception, non seulement l’entrée n’est plus gratuite mais même l’accès au roof ne se fait qu’avec un ticket. Nous voulions juste aller boire un verre et profiter de la vue….

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Il fait si beau, nous préférons déambuler dans les rues, nez en l’air, que nous enfermer dans un musée bondé. Nous trainons dans l’upper east side jusqu'à rejoindre  le shake shack et son burger+frites réputé et bon marché. Nous irons déguster notre frugal déjeuner les pieds dans l’herbe, face au lake de Central Park, amusées par la valse des barques qui glissent au fil de l’eau et des brochettes de tortues d’eau qui prennent le soleil côte à côte sur les rochers, comme des hirondelles attendant le top départ de la grande migration.

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Nous poursuivons ensuite notre traversée du parc pour rejoindre un bus qui nous déposera aux environs de Canal street, quelquepart entre Soho et Tribeca. J’ai la crève depuis deux jours à cause des clims et je m’endors sur l’épaule de Karine pendant le trajet malgré le raffut ambiant.
Sur Broome street, je craque pour deux écheveaux indigo chez Purl Soho. La boutique est grande et les fils proposés de superbe qualité.  Le choix est cornélien mais comme j’ai une idée arrêtée pour la couleur, ça me simplifie la tâche. C’est un vendeur qui encaisse mon achat, rare garçon dans le monde des tricoteuses ! Et je suis bien contente de repartir de New York avec de la laine…
Sur Broadway, Karine s’achète une paire de con*ver*se moitié prix. L’affaire est rondement menée, elle demande sa pointure à un vendeur, il se renseigne par talkie walkie auprès d’un magasinier qui gère les stocks quelque part en dessous ou derrière la boutique et revient vers nous avec la paire de baskets. Rapide et efficace.
Le bookstore café sur Crosby street ferme ses portes devant nous, nous reviendrons samedi matin. Nous continuons à visiter ce quartier aux immeubles magnifiques, croisons des routes pavées, des lofts en rénovation. On sent ici un potentiel énorme. Nous remontons tranquillement sur Sheridan Square où nous avons rendez-vous avec les filles qui ont passé la journée dans le Financial. Le soleil finit par disparaître derrière les immeubles, il était temps qu’elles arrivent. Nous retrouvons le resto italien que nous avions repéré en venant. Je déguste mon premier Mimosa (cocktail champagne/jus d’orange très en vogue à NY), dans une salle ouverte sur l’extérieur, sans clim réfrigérante ni niveau sonore excessif… Un bonheur, d’autant que nos plats sont  très corrects et pas hors de prix. Nous regardons le spectacle de la rue tout en devisant sur nos découvertes du jour. Les filles ont passé la journée dans le bruit du chantier gigantesque de Ground Zero. Elles ont pu admirer au moment de leur pose déjeuner les différentes corporations d’ouvriers travaillant à la reconstruction du site et ont beaucoup apprécié la visite du National Museum of the American Indian. 
Nous rentrons à l’hôtel by bus. L’arrêt est situé juste à côté du Blue Note que nous bouderons même si Stanley Clarke y joue ce soir là. Je suis épuisée par mon rhume et les kilomètres avalés et demain, la journée sera longue… Impossible de faire à la fois NY by day and by night…

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01 juillet 2011

Chapter 7

Pour ce dernier jour, nous avons projeté de traverser à pied le pont de Brooklyn. Ce sera chose faite en fin de matinée, puisque nous rejoignons le pied du pont par le métro  sous un soleil éclatant. Cet épisode me rappelle (à cause du sol en lattes de bois et de la chaleur de midi car forcément la comparaison s’arrête là !) la traversée de la passerelle entre Joal et Fadiouth au Sénégal. Le pont est en travaux, une partie de l’édifice est bâchée.  La chaleur, les buildings, les voitures, les touristes, l’ensemble donne le vertige.La lumière au zénith écrase tout mais nous reviendrons à la nuit tombée, une heure plus propice à la magie du lieu.

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Nous flânons dans les rues de Brooklyn. Les maisons colorées nous enchantent, le calme aussi de ces rues ombragées. Nous croisons une dame assise sur les marches de sa maison qui nous interpelle et s’étonne que nous nous promenions sans homme à nos côtés ! Elle nous indique la direction d’une église sans que nous n’ayons rien demandé…

ny2_089Yarn Bombing à la sortie du pont

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J’achète à une jeune femme une mangue fraîche coupée en tranches qu’elle débite à même le trottoir (petit boulot de rue qui laisse à voir les failles d’un système économique en berne et là aussi je pense aux vendeurs de noix de coco dans Dakar).

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Les filles achètent des sandwiches dans un déli. Karine et moi préférons attendre d’arriver au Smooth sur Carlton street.  Je tenais à passer par ce bar hype mais il nous faut faire un détour puisqu’il n’est pas franchement sur la route de Coney Island, notre destination finale. Cependant nous prendrons un bus, et après quelques hésitations et quelques doutes pendant le trajet… il nous déposera près du parc de Fort Green à deux pas de Carlton Street. Les filles grignotent sur la pelouse et Flo nourrit un écureuil peu farouche.

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Je n’ai pas regretté le détour, le Smooth est un endroit bien sympa avec des coins cosy à l’intérieur et des bancs aménagés dehors autour des arbres qui ombrent les trottoirs.  Je m’y installe avec une salade et un cappuccino délicieux. Moment très agréable qui recharge nos batteries avant d’attaquer le périple jusqu’à Coney Island.

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 Nous dégotons la bouche de métro idoine grâce à un charmant monsieur qui se fera aidé ensuite par une femme policier quand il comprend que nous voulons partir dans la direction opposée à celle qu’il nous indique ! Toujours cette histoire de downtown et uptown qui change la donne !

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Une grosse demi-heure de métro souterrain puis aérien plus tard, nous débouchons sur la station balnéaire. Première impression à froid, le vent d’abord puis la température qui a considérablement chuté. La gare où nous descendons, toute de fer forgé, est le seul vestige du faste d’antan.

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Restent quelques anciennes bâtisses délabrées, aux peintures polies par le sel et le vent, souvenirs d’une époque révolue, dont celle du roi du hot dog « Nathan's » connu dans l’Amérique entière comme le passage obligé des candidats à la présidence. Nous rejoignons la boardwalk en longeant le parc d’attraction dont il ne reste quasi rien des vieux manèges, souvenirs cinématographiques que nous trimballons depuis le début de notre séjour…

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Mais la plage est tout prêt, le ressac tentant, et nous tremperons nos pieds dans cet autre côté d’un atlantique familier depuis notre plus tendre enfance.  Je ramasse un joli morceau de bois flotté en forme de profil de poisson mais ne trouve aucun coquillage. Flo est plus chanceuse, elle ramassera un couple de mariés en plastique comme ceux qui ornent les gâteaux à étages. Elle aura aussi évité plusieurs seringues oubliées dans le sable mouillé…
Le sable est gris. J’en remplis une petite bouteille en plastique. Nous restons un moment assises à regarder les baigneurs émérites et les touristes de toutes nationalités qui se font photographier dos à la mer, les pieds au sec sur le tapis en plastique qui se déroule jusqu’aux premières vagues. Le froid nous envahit petit à petit. Nous remontons l’allée principale pour déguster ce fameux hot dog puis nous déambulons un moment dans le parc d’attraction. Les tours de manèges sont chers et le lieu moitié désert, pathétique. Après avoir tourné en rond un moment, peu attirées par les troquets qui longent la gare, nous revenons presque en front de mer. Flo veut clôturer son passage ici par un verre de bière, j’aurais préféré une tisane, la cahute du marchand protège à peine du vent…

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 Un juke box hurle des tubes de katy Perry qu’une jeune anglaise désinhibée accompagne à tue-tête en reproduisant la chorégraphie. Elle est si drôle que nous l’applaudissons.

Il est temps de reprendre le métro qui nous dépose cette fois au pied du Brooklyn Bridge que nous arpentons une nouvelle fois mais dans le sens inverse et de nuit ! La dimension est tout autre. Face à Manhattan, du côté gauche, une forêt de buildings dont celui en chantier du ground zero, me rappelle instantanément  le legoland que nous avions admiré à la galerie Arc en Rêve à Bordeaux.

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A droite, les vieux buildings Empire, Chrysler et les immeubles de l’Upper East Side offrent un spectacle hétéroclite, charmant, animé  par les bateaux  qui naviguent sur l’East River et le métro aérien qui l’enjambe. La vue est renversante, inoubliable.

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L’air est doux et c’est un bonheur de se promener dans ce décor de rêve, ce paysage de carte postale en trois dimensions. Nous traînons un long moment, attachées au pont, aspirées par sa grandeur, happées par un vertige où nos mémoires photographique, cinématographique, littéraire se téléscopent.

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Retour sur terre et nous choisissons (grâce au routard) un endroit charmant pour finir la soirée dans Greenwich, rue Mc Dougal exactement, l’olive tree café. Toujours un niveau sonore élevé mais une bonne ambiance, et de la bonne musique. Les tables sont en ardoise et des craies sont à la disposition des artistes en herbe. Je me régale d’un cheesecake à tomber arrosé par un mimosa, nettement meilleur que celui de la veille.  Les parts des filles sont tellement copieuses, et l’appétit venant en mangeant, je fais le repas à l’envers et les aide à finir leurs assiettes. Abruties par le vent, l’océan et le bruit nous repartons en bus pour notre ultime nuit à Manhattan.

 

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Chapter 8

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Les valises faites et déposées à la réception, nous partons Karine et moi au Bookstore café (sur Crosby street entre Soho et Nolita) où nous avions trouvé porte close deux jours avant. Cette fois, nous avons tout le temps de feuilleter les livres d’occasion qui sont vendus au profit des déshérités et des enfants malades du sida. J’achète un livre de recettes de Jamie Oliver et Karine un vieux recueil de photos de New York dans les années 60.

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Nous dégustons également un cappuccino en admirant le lieu. Rayonnages en bois, gros ventilateur au plafond, mezzanine, jolies tables de bistrot dont certaines en cuivre martelé. Le mur du bar est peint d’un joli bleu turquoise qui ajoute à l’atmosphère vintage. C’est un lieu très chaleureux, paisible,  qui deviendrait bien vite un de mes spots préférés si j’étais new yorkaise…

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En sortant, nous remarquons que la boutique d’à côté porte la même enseigne mais vend des vêtements, des chaussures et des accessoires d’occasion. Je furète dans les rayons, dégote de bien jolies pièces, aucune à ma taille. Il faudrait passer des heures à retourner la boutique mais nous avons rendez-vous à Bryant Park pour déjeuner avec les filles et embrasser Flo qui part de son côté pour Chicago et la traversée du pays jusqu’à Los Angeles.

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L’atmosphère est un peu tendue, Flo est nerveuse.  Mais j’arrive à profiter du lieu tout en dévorant une énorme pointe de pizza. Bryant park est un havre de paix pour les New Yorkais qui ont la chance d'y faire un break. Il est ombragé,ses allées sont rythmées par des chaises et des tables en fer forgé, il y a même une bibliothèque en plein air, annexe de la grande à laquelle le parc est adossé. Dans les toilettes immaculées que l’on rejoint au sous-sol par une volée de marche, des bouquets de fleurs fraîches ornent les tables de toilette, de la musique classique est diffusée en sourdine.
 Nous décrivons à Flo le bookstore, feuilletons avec elle l’album acheté par Karine.
Après son départ, nous retournons flâner dans Nolita. Le nez au vent, nous longeons les boutiques, errons sans but précis.  Petite pause dans un square rempli d’enfants  pour écrire les ultimes cartes postales. Nous avons encore quelques achats à faire. Autour de Broadway, la foule des samedis et la chaleur écrasante nous incite à revenir vers l’hôtel où nous retrouvons les filles prêtes pour le départ.
Un dernier métro, l’air train et nous voilà déjà à JFK…

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Alors que j’achète en duty free un flacon de vernis à ongles, Karine s’agrippe à mon bras et me dit dans un souffle « Bjork ! elle est là ! » En effet, une petite silhouette toute de blanc vêtue fait l’air de rien ses emplettes au milieu de la foule anonyme. Nous savons qu’elle n’est pas patiente avec les paparazzi,  Karine m’interdit de la photographier. Elle ira quand même lui dire qu’elle adore son travail et réussira à décrocher à la star un sourire timide suivi d’un merci murmuré du bout des lèvres… Comme elle est en attente d’embarquement, nous la retrouvons à la cafeteria. Elle est assise en face de moi, l’occasion est trop belle, et l’air de rien je la shoote une fois alors qu’elle est au téléphone. Karine est ravie, cette rencontre met un point final inattendu à ce voyage riche en émotions, jusqu’au terminal  7 de JFK.

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Je reviens absolument enchantée par mon séjour à New York. J’ai découvert une ville extrêmement variée, une architecture tant ancienne que contemporaine à couper le souffle. Je suis en amour devant les réservoirs d’eau et les jardins communautaires que l’on découvre au détour des blocks. L’Empire State Building reste mon chouchou,  la high line est un enchantement, greenwich village et east village ainsi que Brooklyn sont des quartiers où je voudrais pouvoir revenir me perdre. J’ai trouvé lady Liberty majestueuse et les ponts tous plus beaux les uns que les autres. NY, la ville du cast iron est aussi la ville du végétal car contre toute attente, chaque m2 de terre est investi par des compositions florales, des arbres, et surtout la possibilité pour les piétons de se poser sur ou sous une parcelle de chlorophylle. Les New Yorkais sont charmants et prévenants, la circulation en bus ou en métro est simple et efficace. Un sentiment de quiétude inattendu règne dans cette ville tentaculaire super sécurisée. J’ai envie de me perdre dans ses artères sans fin, d’y revenir encore et encore pour en savourer toutes les nuances et les contrastes. New York mérite plusieurs voyages mais je suis satisfaite du tour d’horizon que nous avons mené tambour battant  et qui m’a laissé une belle empreinte dans la rétine et dans la mémoire …

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