24 juin 2011

Chapter 5

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La journée commence par une vue sur  NY depuis le sommet du Rockfeller  Center. Top of the Rock ! Sous un soleil déjà bien présent, nous embrassons  la skyline. Pourquoi le Rockfeller ?? Et bien pour pouvoir admirer l’Empire of course !  Et puis parce que je  croyais bêtement y trouver la trace de la fresque peinte par Diego Rivera dans le hall au début des années trente. Elle a été détruite en 1933 par le mécène lui-même à cause du portrait de Lénine qui y figurait…
 Le hall est totalement cloisonné pour la visite des toits de la ville,  il est difficile d’imaginer ses proportions initiales et quand on redescend, on tombe directement sur la sortie, via l’incontournable shop. Dommage…

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Mais quand on est en haut, c’est magique cette legoland entourée d’eau, oxygénée par le poumon vert de Central Park.

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Au loin, Lady Liberty veille à l’ordonnance du ballet incessant des bateaux chargés de touristes. Je cherche les jardins suspendus, les jolies terrasses, les réservoirs d’eau (mes chouchous que je photographie sans répit). Le Chrysler joue à cache-cache avec le met-life (ancien building de la Pan Am). Assises à l’ombre sur un rebord en zinc du toit, nous ne nous lassons pas de ce paysage urbain unique.  Dans voyage au bout de la nuit, Céline dit de New York  que c’est une ville debout. C’est exactement ça, une ville dressée, immense et combattante qui se pose là.

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Sous le soleil de midi, nous partons en direction du Flat Iron, aperçu de nuit la veille. Il est impressionnant  comme un paquebot échoué dans la ville après une tempête. Le hall d’entrée est tout petit, un peu vieillot. J’y cherche une galerie pour y voir une expo de photos mais j’ai mal pris mes notes et la galerie n’est plus hébergée à cet endroit.

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Qu’importe, nous continuons notre route  jusqu’à Union Square puisqu’on et mercredi et que c’est jour de marché. Il regorge de légumes, de fleurs (des géraniums citronnés énormes), de tout ce que la terre peut donner. Nous y achetons du miel de la country side (celui de la city est un tantinet trop cher…)

ny2_007statue étincelante d'Andy Wharol

La place, le square, le carrefour grouillent de monde. Nous entrons au Whole food market et choisissons notre déjeuner parmi les variétés infinies de salades et de plats préparés vendus au poids. Les pelouses étant momentanément fermées, nous nous installons par terre au milieu d’une faune étrange. De jeunes gens qui semblent touchés par le syndrome de mathusalem -des jeunes vieux usés par la drogue-, des SDF, des blacks plus africains que noir-américains,  tout ce petit monde se croise là, à l’écart du rêve américain.

En route pour East Village, je tombe pile poil sur la boutique de vêtement (brooklyn industries) qui vend des tee shirts à l’effigie d’un des emblèmes de la ville, j’ai nommé le réservoir d’eau. Je l’avais aperçu sur un jeune homme le matin même en haut du rockfeller sans réagir assez vite pour lui demander où il l’avait acheté. Ce sera mon cadeau pour Lucien.

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De blocks en blocks, nous découvrons East Village qui,  bien que moins chic que Greenwich Village, reste à nos yeux bourré de charme. C’est un borough en pleine effervescence, plein de petites boutiques vintage ou pas, originales toujours. Chez downtown yarns, sur A avenue, je pénètre dans l’univers feutré des tricoteuses. Laines sublimes, modèles exposés à tomber, babes à croquer. Mais je n’achète rien, n’arrivant pas à me décider et pas trop poussée à l’achat par les vendeuses/tricoteuses qui nous ignorent superbement… Peut-être que je n’ai pas le profil de la cliente habituelle et que l’on m’a prise pour une touriste traquant les autochtones et la couleur locale….

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Sur Bond street nous prenons un verre au Smile, une ancienne fabrique de montres reconvertie en bar, lieu unique comme l'on n’en trouve qu’à New York. C’est le repère des wool and the gang le samedi. Il y a d’ailleurs le portrait d’un Obama souriant dans un cadre en maille XL.

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 Nous continuons à flâner, descendant sur Lower East Side. Sur Houston street, nous tombons sur le premier jardin communautaire, le liz christy garden, datant de 1973. Il s’étend sur toute la largeur d’un block entre Houston street east et Bowery. Il est plein de recoins où s’installer à l’abri des regards et de la rue, fleuri d’alliums, de roses, de pivoines, d’iris dans un joyeux bazar de jardin à l’anglaise, parsemé de sentiers  pavés. Difficile d’imaginer un tel paradis accolé à une rue passante doublée d’une bouche de métro. C’est un havre de paix entretenu avec amour par les habitants du quartier que nous quittons à regret pour continuer notre découverte de cette ville sérieusement attachante.

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Nous voilà dans une Little Italy qui n’a  plus d’italien que le nom puisqu’elle se résume à 2 rues, avalée lentement mais surement par Chinatown qui étend ses tentacules toujours plus haut. Au début, ça n’a l’air de rien, juste quelques enseignes, et puis soudain, au détour d’une rue, nous sommes transportées en Asie.

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Plus rien n’est écrit en anglais, les marchands de journaux  ne vendent que de la presse écrite en mandarin, les canards laqués pendent aux vitrines des épiceries, les fruits sont soudain très exotiques. La foule sur les trottoirs est beaucoup plus dense et les occidentaux sont en minorité. Et puis, tout aussi brutalement, ça sent le fromage et la pasta, les pizzerias remplacent les gargotes chinoises, les réverbères et les bouches à incendie sont tricolores (vert, blanc, rouge). L’enclave italienne tient bon mais se résume à une peau de chagrin.

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Ses restaurants ne sont d’ailleurs pas réputés pour être les meilleurs italiens de NY. Nous choisirons donc un resto chinois (facile, il suffit de tourner un coin de rue pour avaler les fuseaux horaires !), le Nice Green Bo restaurant, signalé dans le routard et fortement recommandable.  C’est une cantine toute simple où les clients sont accueillis par une tasse de thé au jasmin. Les plats sont super copieux, gouteux et pas chers.

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Nous reprenons ensuite notre route vers soho et ses belles boutiques qui baissent leur rideau de fer et rejoignons Washington square derrière lequel le Washington mew nous attend.  Ce passage pavé, d’anciennes écuries reconverties en appartements et bureaux de l’université toute proche, nous transporte à Londres à l’époque d’Oliver Twist. Y vécut, entre autres artistes, John Dos Passos(et là j’ai soudain repensé à son roman, Manhattan Transfer, vieux volume de poche dans la bibliothèque familiale que j’ai regardé cent fois sans jamais avoir le courage de le lire. Il va falloir aujourd’hui que je remette la main dessus et que j’en fasse, une de mes lectures de l’été car dans mon souvenir, c’est un pavé…). Cette dernière découverte clôture une journée au moins aussi riche que celle de la veille.

Posté par angelots à 15:51 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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